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Gabrielle Ramain a soutenu sa thèse, consacrée aux professionnel·les des RH dans les médias belges

  • 22 mai 2026
  • LaPIJ X

Jeudi 21 mai 2026, Gabrielle Ramain a soutenu sa thèse « Négocier la gestion du personnel dans les médias belges francophones. Lutte juridictionnelle et mise en gestion par les professionnel·les RH », réalisée à l’Université libre de Bruxelles (Belgique). 

Sa thèse analyse la place et le rôle des professionnel·les des ressources humaines (RH) au sein des organisations médiatiques belges francophones. Dans une perspective interactionniste, la recherche explore comment les RH construisent, négocient, et revendiquent une juridiction professionnelle (Abbott, 1988) dans un univers historiquement dominé par une logique professionnelle. À travers 36 entretiens, 25 jours d’observation directe au sein du service RH d’une organisation médiatique belge et lors d’événements de recrutement, une cartographie de 77 profils RH, et l’analyse d’archives issues de la presse professionnelle, la thèse montre que les professionnel·les RH jouent un rôle structurant dans la mise en gestion des organisations médiatiques.

Inséré·es dans des « dispositifs de gestion » (Boussard, 2005), ils et elles contribuent à prescrire, mesurer et contrôler le travail des salarié·es. L’apparence neutre et rationnelle de ces dispositifs leur permet de pénétrer, souvent de façon détournée, dans les organisations médiatiques et notamment dans les rédactions. En retour, ces dispositifs permettent au personnel RH de justifier son existence et sa légitimité à intervenir dans la gestion du personnel.

La recherche montre toutefois que le processus de mise en gestion des organisations médiatiques a des effets ambivalents pour le personnel RH. Les dispositifs qui portent la mise en gestion constituent une ressource pour négocier leur juridiction. Cependant, les professionnel·les RH sont également en première ligne pour prendre en charge les conséquences de la mise en gestion. À ce titre, ils et elles effectuent un travail émotionnel relativement lourd, qui prend des formes différentes en fonction des postes occupés.

Enfin, la thèse éclaire la division morale du travail dans les organisations médiatiques et montre que les RH construisent leur juridiction en prenant en charge une partie du « sale boulot » (Hughes, 1996) : gestion administrative et financière, application du droit et rappel aux règles, écoute des salarié·es. Leur juridiction reste néanmoins fragile et constamment renégociée dans les interactions quotidiennes avec les rédactions en chef.

 

Le Jury était composé de :

Florence LE CAM (Université libre de Bruxelles, promotrice)
David DOMINGO (Université libre de Bruxelles, secrétaire)
Jean VANDEWATTYNE (Université libre de Bruxelles et Université de Mons)
Camille DUPUY (Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et Université Paris Saclay)
Jonathan HENDRICKX (Københavns Universitet)
Manon LIBERT (Université de Mons)