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Elena Louazon a soutenu sa thèse, consacrée à la « diversité » dans le journalisme

  • 18 février 2026
  • LaPIJ X
Vendredi 13 février 2026, Elena Louazon a soutenu sa thèse « La diversité à l’épreuve des rédactions. Expériences professionnelles de journalistes racisé·es et LGBT en Belgique francophone », réalisée à l’Université libre de Bruxelles (Belgique). 

Son travail s’intéresse à la manière dont les enjeux relatifs à la lutte contre les discriminations et la promotion de la « diversité » se sont imposés dans le secteur du journalisme belge francophone depuis le début des années 2000, ainsi qu’à ses effets concrets sur les trajectoires professionnelles de journalistes racisé·es et de journalistes LGBT. La recherche repose sur une méthodologie qui articule une analyse socio-historique de discours professionnels et une approche qualitative centrée sur les expériences vécues par des journalistes minorisé·es (61 entretiens semi-directifs).

L’étude met en évidence le rôle prépondérant joué par des organisations internationales dans l’émergence d’une préoccupation pour la représentation des personnes minorisées dans l’information, ainsi que l’influence des pouvoirs publics belges francophones dans l’institutionnalisation de cette préoccupation. Elle montre également que les cadrages portés par différents acteurs du secteur du journalisme ont participé à nourrir des attentes spécifiques vis-à-vis des journalistes minorisé·es, souvent envisagé·es comme une solution au manque de « diversité » observé dans les contenus médiatiques.

Les entretiens menés avec 61 journalistes révèlent, toutefois, que cette attente participe à porter sur elles et eux une présomption d’expertise, qui contribue à leur imposer des missions supplémentaires chronophages non-reconnues. Dans le même temps, travailler sur leur groupe social expose ces journalistes à une présomption d’engagement militant, très coûteuse professionnellement. Les récits recueillis donnent à voir une tension entre une reconnaissance implicite de l’expertise issue du vécu – mise en avant dans les discours sur la « diversité » — et des normes professionnelles qui tendent simultanément à délégitimer cette forme d’expertise.

Les récits des journalistes montrent, par ailleurs, que ces journalistes ne sont pas épargné·es par les violences qui touchent les personnes minorisées au travail. La recherche montre néanmoins que les modes d’altérisation se configurent de manière différente au croisement du genre et de la race / de l’orientation sexuelle. Elle souligne également que les attentes sociales portées sur ces journalistes sont mobilisées différemment par les journalistes, qui peuvent, ou non, déployer des stratégies pour convertir leur vécu en compétence valorisable sur le marché du travail.

 

Le Jury était composé de

Florence LE CAM ( Université libre de Bruxelles, promotrice)
David DOMINGO (Université libre de Bruxelles, secrétaire)
Vanessa FRANGVILLE (Université libre de Bruxelles, présidente)
Laurie HANQUINET (Université libre de Bruxelles)
Samuel BOURON (Université Paris Dauphine-PSL)
Manon LIBERT (Université de Mons)
Dominique MARCHETTI (CNRS – CESSP)
Sandy MONTAÑOLA (Université Rennes 1)