LaPIJ, laboratoire des pratiques journalistiques

Laboratoire des pratiques et des identités du journalisme

CHARRON, Jean, LE CAM, Florence (sous la direction de). Médias, institutions et espace public : le contrat de communication publique. Québec : Département d’information et de communication, Université Laval, 2019. 235 p. ISBN 2-921383-85-1

Des étudiant.e.s au Doctorat du LaPIJ et de l’Université Laval

ont travaillé ensemble pendant deux ans.

La production et la circulation des discours publics, qu’ils soient médiatiques, institutionnels ou individuels, ne sont possibles qu’en vertu de normes, de conventions ou d’attentes réciproques que les acteurs de la communication publique (journalistes, relationnistes, porte-parole, politiciens, personnalités publiques, témoins et acteurs des événements, experts, polémistes, etc.), soucieux d’agir efficacement et de faire reconnaître leur droit de parole et leur légitimité, tendent à respecter, qu’ils en aient conscience ou non. Nous empruntons aux sciences du langage la notion de contrat de communication, pour désigner cet ensemble de normes, de conventions et d’attentes réciproques, bref de règles, qui déterminent qui peut parler publiquement, de quoi, quand, de quelles manières, dans quelles circonstances, à quel titre, etc.

Le concept de contrat de communication ouvre sur au moins deux séries de questionnements relatifs à la régulation de la communication publique. La première série concerne la nature ainsi que les modes de définition et de transformation des règles : Quelles sont ces règles ? De quelle(s) nature(s) sont-elles ? Comment adviennent-elles ? Comment se transforment-elles ? Qui les définit ? Comment acquièrent-elles leur efficacité et leur pérennité ? Dans quelle mesure et pourquoi varient-elles d’une institution à l’autre, d’une catégorie d’acteurs à l’autre, d’un domaine d’activités à l’autre ? Comment les acteurs apprennent-ils à les connaître et à « jouer le jeu », tantôt en respectant les règles, tantôt en les enfreignant ? Qu’advient-il quand ils ne les respectent pas ? Etc.

La deuxième série de questions est davantage de nature théorique et épistémologique : Dans quelle mesure est-il fécond, judicieux ou approprié de concevoir cet (ou ces) ensemble(s) de règles comme les clauses d’un (ou de) contrat(s) de communication ? La notion de contrat implique l’existence de processus de négociation, d’échange, de ratification, de réciprocité. Est-ce bien ainsi que s’élaborent les règles de la communication publique ? Quels sont l’apport et les vertus théoriques d’un tel concept en comparaison avec d’autres concepts qui paraissent plus spécifiques (contrat de lecture, contrat énonciatif, contrat d’information médiatique, promesse des genres, etc.) ou plus généraux (code, institution, norme, culture, rôle, etc.) ?

Les auteurs de ce collectif, tous professeurs ou doctorants en communication, réfléchissent à ces questions, sur la base de recherches empiriques pour certains, ou dans des analyses plus théoriques pour d’autres. Ce collectif découle d’un séminaire de recherche réunissant notamment des participants de l’Université libre de Bruxelles et l’Université Laval.

A lire au complet : Médias, institutions et espace public : le contrat de communication publique. 

Publié par