Du 5 au 7 juin 2025, le centre d’archives et de recherche Liberas (Gand) a accueilli un colloque international consacré aux journalistes oublié.es. Organisé en partenariat avec le laboratoire ReSIC-ULB et le projet CAMille (ULB/KBR), l’événement a rassemblé une trentaine de chercheurs et chercheuses.
En retraçant les trajectoires de journalistes aujourd’hui méconnus voire effacés, les intervenants ont cherché à comprendre les mécanismes de cette invisibilisation.
Six grands axes se sont dessinés au fil des présentations. D’abord, l’attention excessive portée aux rédactions nationales et urbaines tend à marginaliser les parcours ancrés dans des contextes régionaux. Ensuite, certains genres journalistiques sont considérés comme “mineurs” – le journalisme lifestyle, le sport, ou encore la photographie de presse – et participent à l’effacement de ceux qui les ont pratiqués, souvent des femmes.
La question du genre a d’ailleurs été largement abordée durant le colloque, tout comme d’autres profils, éloignés du modèle classique du “grand reporter” – qu’il s’agisse de correspondantes de guerre, de journalistes afro-américains ou de free-lances.
Le colloque a aussi permis de mettre en lumière des approches renouvelées de l’histoire du journalisme. Plusieurs interventions ont accordé une attention particulière à la matérialité du journalisme, d’autres ont souligne les apports des humanités numériques, à l’image du projet CAMille, qui utilise des bases de données et des outils de textmining pour exhumer des figures féminines oubliées.
Un résumé plus complet est disponible en ligne : https://liberas.eu/beyond-tintin-and-watergate-on-the-forgetting-of-important-journalists/
Les
actes du colloque seront publiés dans un volume de la collection
New Perspectives on the History of Liberalism and Freethought (De Gruyter Oldenbourg).